Le radon ne se voit pas, ne se sent pas et ne fait aucun bruit. Pourtant, c’est un gaz radioactif naturel qui peut s’accumuler dans une maison et, à long terme, augmenter le risque de cancer du poumon. La bonne nouvelle : il se mesure simplement, sans travaux, et le résultat vous dit clairement s’il faut agir.
Ce guide explique comment procéder, étape par étape, et comment lire le résultat.
Pourquoi le radon entre dans les maisons
Le radon est produit par la désintégration naturelle de l’uranium présent dans le sol et les roches. Dehors, il se dilue dans l’air. Dans un bâtiment, il peut être aspiré depuis le terrain, un peu comme une cheminée : l’air chaud monte, et l’air du sol est attiré par les fissures et les passages.
Les points d’entrée les plus courants :
- les fissures dans la dalle ou les murs enterrés ;
- les passages de conduites (eau, électricité, chauffage) à travers le sol de la cave ;
- les sols en terre battue ou les caves voûtées ;
- les trappes, escaliers de cave et cages d’ascenseur mal isolés du reste du logement.
Le gaz s’accumule surtout dans les caves, les sous-sols et les rez-de-chaussée peu ventilés. Il s’agit de la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac, d’où l’intérêt de connaître la situation de votre logement.
Quelles valeurs retenir
En Suisse, l’ordonnance sur la radioprotection (ORaP, entrée en vigueur en 2018) fixe une valeur de référence de 300 Bq/m³ en moyenne annuelle dans les locaux où des personnes séjournent régulièrement. Le becquerel par mètre cube indique combien de désintégrations se produisent chaque seconde dans un mètre cube d’air.
Pour savoir où vous en êtes, retenez ceci :
| Résultat de la mesure | Ce que cela signifie |
|---|---|
| Sous la valeur de référence | Pas d’obligation d’agir. Une mesure plus basse reste préférable, mais rien d’urgent. |
| Au-dessus de la valeur de référence | Des mesures d’assainissement sont à prévoir pour faire baisser la concentration. |
Pour le cadre juridique complet, notre guide Radon : ce que prévoit le droit suisse détaille ce qui s’applique aux propriétaires et aux bailleurs.
Genève et Vaud : où se situe le risque
L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) publie une carte du radon qui indique le niveau de risque par commune. Elle est utile pour s’orienter, mais elle ne remplace pas la mesure : la concentration dépend du sous-sol, de l’état du bâtiment et de la façon dont on l’aère.
De façon générale, le canton de Vaud est davantage exposé que Genève, en particulier dans le Jura vaudois et les Alpes vaudoises. Cela ne veut pas dire que Genève est épargné. Une cave mal ventilée dans un immeuble genevois peut très bien dépasser la valeur de référence. Dans les deux cantons, la règle est la même : on mesure, on ne devine pas.
Si vous cherchez une prestation locale, voyez notre page diagnostic radon dans le canton de Vaud ou, pour l’ensemble des polluants côté genevois, le diagnostic polluants dans le canton de Genève.
Les étapes d’une mesure fiable
1. Choisir le bon moment
Le radon se mesure pendant la période de chauffage, qui correspond à l’automne, à l’hiver et au début du printemps. C’est le moment où l’on aère le moins et où la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur aspire le plus d’air depuis le sol. Une mesure faite en plein été sous-estime souvent la situation.
2. Se procurer des dosimètres passifs
Un dosimètre passif est un petit boîtier, de la taille d’une boîte de conserve plate, qui ne demande ni pile ni prise électrique. Il contient un détecteur sur lequel les particules du radon laissent des traces microscopiques. Il ne fait pas de bruit et ne gêne personne.
Les appareils électroniques bon marché vendus dans le commerce donnent une idée de la variation au fil des jours, mais ils sont moins fiables pour la décision. Pour un résultat comparable à la valeur de référence, on utilise un dosimètre passif analysé en laboratoire.
3. Choisir les pièces
On mesure dans les locaux où l’on séjourne régulièrement : chambres, séjour, bureau, pièce de jeu des enfants. Dans une maison individuelle, on place au moins un dosimètre au rez-de-chaussée et un dans la chambre la plus fréquentée. Une cave utilisée seulement pour le rangement n’est pas un local de séjour, mais sa mesure aide à comprendre d’où vient le gaz.
Dans un immeuble ou une copropriété, les logements les plus bas sont les premiers à contrôler. Si l’immeuble a plusieurs cages d’escalier, on répartit les dosimètres entre elles.
4. Poser le dosimètre au bon endroit
- à hauteur de respiration, entre un mètre et deux mètres du sol ;
- à distance d’une fenêtre, d’une porte, d’une bouche d’aération ou d’un radiateur ;
- sans le couvrir, l’enfermer dans un meuble ou le mettre contre un mur très froid ;
- sans le déplacer pendant toute la durée de la mesure.
Notez la date de pose, la pièce et l’étage. Ces informations accompagnent le dosimètre au laboratoire.
5. Vivre normalement pendant au moins 90 jours
C’est la partie la plus simple : il n’y a rien à faire. Aérez comme d’habitude et chauffez comme d’habitude. Ne modifiez pas vos habitudes pour « faire baisser » le résultat, car cela fausserait la mesure et vous donnerait une image trompeuse. La durée minimale est de 90 jours, parce que le radon varie beaucoup d’une journée à l’autre.
6. Retourner les dosimètres et attendre l’analyse
À la fin de la période, on referme le dosimètre, on note la date de retrait et on l’envoie au laboratoire. Le principe de l’analyse est expliqué dans notre guide sur l’analyse d’un échantillon en laboratoire. Pour le radon, le laboratoire lit les traces laissées sur le détecteur et calcule la concentration moyenne sur la période.
Comprendre son résultat
Le rapport indique, pour chaque dosimètre, la concentration moyenne en Bq/m³. Posez-vous trois questions.
- La valeur dépasse-t-elle 300 Bq/m³ ? Si oui, des mesures sont à prévoir.
- Dans quelle pièce ? Une valeur élevée dans une chambre pèse plus qu’une valeur élevée dans une cave non utilisée.
- La mesure couvre-t-elle bien la période de chauffage ? Sinon, elle peut sous-estimer la situation.
Un résultat bas ne dure pas forcément toute la vie du bâtiment. Après de gros travaux d’isolation ou le remplacement des fenêtres, l’air se renouvelle moins et le radon peut s’accumuler davantage. Une nouvelle mesure se justifie alors.
Que faire si le résultat est trop élevé
Avant tout, pas de panique : le radon se traite, et les solutions sont connues. Selon le bâtiment, on combine plusieurs gestes :
- boucher les fissures et les passages de conduites entre le sol et le logement ;
- améliorer la ventilation de la cave et du vide sanitaire ;
- rendre étanche la porte ou la trappe qui sépare la cave des étages ;
- installer une ventilation mécanique ou une aspiration sous la dalle quand les premières mesures ne suffisent pas.
Ces gestes se choisissent après avoir localisé les entrées de gaz. Après les travaux, on refait une mesure pour vérifier que la concentration a bien baissé.
Qui doit mesurer, et dans quels cas
Un propriétaire occupant peut mesurer pour sa propre sécurité, sans y être obligé. Les régies et les propriétaires bailleurs ont intérêt à le faire dans les logements du rez-de-chaussée et de l’étage enterré. Avant une rénovation ou un achat, la mesure fait partie des vérifications utiles : le radon n’est qu’un des polluants possibles dans un bâtiment ancien. Pour les autres, notre rapport de diagnostic polluants montre comment les résultats sont présentés.
Si votre projet se situe côté vaudois, la page diagnostic polluants dans le canton de Vaud précise nos prestations de ce côté du Léman.
Faire mesurer le radon avec Mes Diagnostics
Poser un dosimètre est à la portée de chacun. Ce qui demande de l’expérience, c’est de choisir les bonnes pièces, de couvrir la bonne période, de lire le résultat et d’en tirer des décisions concrètes. Nous nous occupons de toute la démarche : placement des dosimètres, suivi, relevé, analyse et recommandations claires. Retrouvez le détail sur notre page diagnostic radon.
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