Un vieux bâtiment qu’on abat ne contient pas seulement des briques, du béton et du bois. Il renferme aussi, bien cachés, des matériaux qui deviennent dangereux dès qu’on les casse, les broie ou les brûle. Un diagnostic avant démolition consiste à les retrouver avant que les engins n’arrivent, pour décider quoi retirer, comment, par qui et où le déchet ira.
C’est une étape aussi bien réglementaire que pratique. Sans elle, un chantier s’arrête au premier échantillon suspect, les entreprises chiffrent à l’aveugle et les déchets se mélangent. Avec elle, le planning et le budget reposent sur des faits.
Quels bâtiments sont concernés ?
Tout ouvrage voué à disparaître, en tout ou en partie, peut contenir des polluants : une villa des années 1960, un immeuble locatif, une halle artisanale, une ancienne ferme, un garage, une dépendance. Les plus exposés sont les constructions d’avant 1991, année à partir de laquelle l’amiante est interdit en Suisse depuis peu, mais d’autres polluants ont été utilisés bien plus tard.
Les cas fréquents dans nos deux cantons :
- la démolition complète d’une maison ou d’un immeuble pour reconstruire ;
- la déconstruction d’un bâtiment industriel ou commercial ;
- la démolition partielle : cage d’escalier, annexe, toiture, façade ;
- la rénovation lourde qui retire planchers, cloisons ou enveloppe, assimilable à une démolition pour ce qui est des déchets.
Si votre projet est plutôt une rénovation, la page sur le diagnostic polluants avant travaux en détaille le cadre.
Pourquoi chercher tous les polluants en même temps
Beaucoup de maîtres d’ouvrage pensent d’abord à l’amiante, et c’est légitime. Mais le bâti d’une même époque cumule souvent plusieurs substances. Une façade des années 1960 peut avoir un fibrociment contenant de l’amiante, des joints de fenêtres aux PCB et une peinture ancienne au plomb. Les traiter un par un mènerait à plusieurs visites, plusieurs rapports et des conclusions qui se contredisent.
Un repérage groupé présente trois avantages concrets :
- Une seule visite, donc moins de gêne pour les occupants et moins de délai.
- Une vue d’ensemble : le rapport décrit chaque matériau suspect au même endroit et permet de coordonner les corps de métier.
- Un tri des déchets cohérent : on sait d’emblée quelles fractions partent en filière spéciale et lesquelles restent en filière ordinaire.
Les polluants recherchés
| Polluant | Où le trouve-t-on ? | Époque typique |
|---|---|---|
| Amiante | Flocages, fibrociment, dalles de sol, colles, calorifugeages, joints | Bâtiments d’avant 1991 |
| PCB | Mastics de joints de fenêtres et de façades, certaines peintures | Surtout 1955 à 1975 |
| Plomb | Peintures anciennes, antirouille, conduites d’eau | Surtout avant les années 1960 |
| HAP | Colles noires sous parquets, étanchéités et revêtements bitumineux | Surtout avant les années 1990 |
| HBCD | Isolants en polystyrène expansé ou extrudé | Jusqu’au milieu des années 2010 |
Ce tableau est un repère, pas un verdict : seule l’analyse confirme la présence d’un polluant.
L’amiante
Matériau très répandu pour sa résistance au feu et à la chaleur, interdit en Suisse depuis 1990. Ses fibres, invisibles, sont dangereuses une fois respirées. Tant qu’elles restent liées dans un matériau intact, le risque est faible ; une démolition les libère. C’est pourquoi les travailleurs sont protégés par des règles strictes, dont la Suva s’occupe. Notre page diagnostic amiante explique les matériaux à surveiller.
Les PCB
Ces composés ont servi à rendre les mastics souples et durables. Ils sont interdits en Suisse depuis 1986 mais restent présents dans nombre de joints de façades et de fenêtres. Ils s’accumulent dans l’organisme et se retrouvent dans les poussières. Le diagnostic PCB détaille la recherche dans ces joints.
Le plomb
Les peintures anciennes, en particulier la céruse et le minium utilisé contre la rouille, en contiennent. Le danger vient des poussières et des écailles produites au ponçage, au décapage ou à la démolition, surtout pour les enfants et les femmes enceintes. Les anciennes conduites d’eau peuvent aussi en receler.
Les HAP
Les hydrocarbures aromatiques polycycliques se cachent dans le goudron : colles noires sous d’anciens parquets ou revêtements, étanchéités de toitures et de sous-sols, certains enrobés. Plusieurs sont reconnus cancérogènes. Une colle noire inoffensive en apparence demande pourtant une filière d’élimination particulière.
Le HBCD
Ce retardateur de flamme équipait les isolants en polystyrène posés jusqu’au milieu des années 2010. C’est un polluant organique persistant. Les déchets qui en contiennent doivent être incinérés et non mis en décharge : bien les identifier évite un refus de livraison et des surcoûts.
Le radon, un cas à part
Le radon n’est pas un matériau du bâtiment mais un gaz venu du sol. Il n’a pas de rôle dans la démolition elle-même. Il compte en revanche si le projet est suivi d’une reconstruction : mieux vaut savoir, avant de concevoir les sous-sols, que le terrain l’émet. La valeur de référence de 300 Bq/m³ s’applique aux locaux où l’on séjourne régulièrement, et une mesure d’au moins 90 jours en période de chauffage est la seule à faire foi. Nous pouvons l’intégrer à votre démarche si le nouvel ouvrage le justifie.
Comment se déroule le diagnostic
Notre méthode suit toujours le même fil, pour que rien ne soit laissé au hasard.
- Étude des plans et de l’historique. Année de construction, transformations successives, anciens usages : cela oriente la recherche vers les zones sensibles.
- Visite du bâtiment. Toutes les pièces sont parcourues, y compris caves, combles, locaux techniques, toiture et façades.
- Repérage visuel. Nous notons chaque matériau susceptible de contenir un polluant et son état : intact, dégradé, friable.
- Prélèvements et mesures. Des échantillons sont prélevés avec soin pour ne pas disperser de fibres ni de poussières. Certains polluants, comme le plomb, peuvent aussi se mesurer sur place par fluorescence X.
- Analyse en laboratoire. Les échantillons partent dans un laboratoire accrédité SAS.
- Rapport. Il localise les polluants, décrit leur état et formule des recommandations.
Nous intervenons en tant que diagnostiqueur reconnu FACH, le Forum Amiante Suisse, qui réunit les spécialistes de l’amiante.
Dans un bâtiment encore occupé ou partiellement vidé, nous adaptons la visite pour ne gêner personne. Un matériau inaccessible, par exemple derrière un doublage, est signalé dans le rapport et son contrôle est prévu au moment de la dépose.
Ce que contient le rapport
Le rapport est le document que vous remettrez aux entreprises et, selon le cas, à l’autorité. Il comprend en principe :
- la liste des matériaux examinés et des résultats d’analyse ;
- la localisation précise des polluants, souvent sur plan ou avec photos ;
- l’état de chaque matériau et le niveau de précaution qu’il impose ;
- des recommandations de retrait, de précautions et de filière d’élimination.
Pour comprendre chaque rubrique, consultez notre guide que contient un rapport de diagnostic polluants.
Déchets de chantier : ce que la loi demande
L’ordonnance sur les déchets (OLED) oblige le maître d’ouvrage à identifier les polluants avant les travaux et à prévoir leur élimination. Un concept d’élimination est exigé lorsque plus de 200 m³ de déchets sont attendus ou que des déchets pollués sont attendus, ce qui est presque toujours le cas dans un bâtiment ancien. Le diagnostic fournit la matière première de ce concept : nature, localisation et volume approximatif des fractions à isoler.
Concrètement, le tri sur site sépare les matériaux propres, valorisables, des déchets pollués qui suivent des filières dédiées. Mal triés, ils contaminent tout le reste et alourdissent la facture. Notre guide sur les déchets de chantier pollués explique ce tri pas à pas.
Démarches à Genève et dans le canton de Vaud
Dans les deux cantons, la logique est comparable : pour des travaux sur un bâtiment construit avant 1991, un repérage des polluants, au minimum l’amiante, est demandé avec la demande d’autorisation ou de permis. Le rapport fait donc partie du dossier. Les pratiques précises varient d’un service à l’autre et peuvent évoluer ; nous vous aidons à savoir ce qu’il faut joindre.
- Genève : voyez notre guide polluants et autorisation de construire à Genève.
- Vaud : voyez notre guide polluants et permis de construire dans le canton de Vaud.
Anticiper ces démarches fait gagner du temps : le rapport peut être prêt avant le dépôt du dossier, plutôt que d’être réclamé en cours d’instruction.
Ce qui fait varier le coût
Nous ne donnons pas de montant sans connaître votre bâtiment, car trop de paramètres jouent :
- la surface et le nombre de niveaux ;
- l’année de construction et les transformations connues ;
- le nombre de matériaux différents à contrôler, donc d’échantillons ;
- l’accessibilité : combles, vides techniques, toitures, locaux fermés ;
- les polluants à rechercher et le délai souhaité pour les résultats.
Une maison individuelle et une halle industrielle n’ont donc rien de comparable. Seul un devis établi sur la base de votre projet reflète le travail réel.
Un bon réflexe : commander tôt
Le meilleur moment pour un diagnostic se situe très en amont : dès que la démolition est décidée, avant la mise en soumission. Les entreprises remettent alors des offres fondées sur des quantités réelles, et vous évitez les avenants. Si un polluant demande un chantier de désamiantage ou une dépose spécialisée, le temps de préparation est pris en compte dès le départ.
Demandez votre devis gratuit
Vous avez un projet de démolition à Genève ou dans le canton de Vaud ? Décrivez-nous votre bâtiment dans le formulaire de demande de devis : adresse générale, année de construction approximative, nature du projet. Nous vous répondons par un devis gratuit sous 24h et pouvons intervenir sous 48h une fois le rendez-vous convenu.