Vous ouvrez un vieux parquet et vous découvrez une couche noire, collante ou cassante, qui sent un peu le bitume. Ou bien vous préparez la rénovation d’une toiture plate ou d’un sous-sol et l’étanchéité est noire, épaisse, d’allure ancienne. Dans les deux cas, une question s’impose : s’agit-il de goudron, et donc de HAP ? Ce guide explique ce que sont ces substances, où elles se cachent, comment les reconnaître et quoi faire avant de sortir la ponceuse.
Que sont les HAP ?
Les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) forment une grande famille de substances produites par la combustion incomplète ou la distillation du charbon et du pétrole. Le goudron de houille en contient beaucoup. Certains HAP, dont le benzo(a)pyrène, sont reconnus comme cancérigènes. Ils se fixent sur les poussières, passent dans l’air lors de travaux et peuvent aussi se retrouver dans les terres ou les gravats.
Il faut retenir une distinction simple :
- le bitume, issu du pétrole, contient peu de HAP ;
- le goudron de houille, sous-produit de la fabrication du gaz de ville et du coke, en contient énormément.
Les deux sont noirs et collants. À l’œil, impossible de les différencier. C’est précisément pour cela qu’on ne se fie jamais à l’aspect.
Où trouve-t-on des HAP dans un bâtiment ?
Le goudron a longtemps été un matériau bon marché, imperméable et résistant. On l’a donc employé partout où il fallait coller ou étanchéifier. Les situations les plus courantes :
| Matériau | Où le chercher | Époque probable |
|---|---|---|
| Colle noire de parquet | Sous les lamelles, les mosaïques ou les parquets collés en plein | Surtout avant les années 1990 |
| Colle de revêtements de sol | Sous les dalles et les lés de sol plastique ou textile | Avant les années 1990 |
| Étanchéité bitumineuse au goudron | Toitures plates, terrasses, balcons, jardinières | Avant les années 1990 |
| Enduit ou peinture d’étanchéité noire | Murs enterrés, caves, fosses d’ascenseur, cuves | Selon les cas, plusieurs décennies |
| Carton ou papier goudronné | Sous toiture, sous chape, contre les murs | Bâti ancien |
| Enrobés et revêtements routiers | Cours, parkings, accès, chemins | Anciens enrobés |
| Conduites enrobées | Tuyaux de canalisation, gaines revêtues | Bâti ancien |
Le même bâtiment peut cumuler plusieurs de ces éléments. Un immeuble des années 1960 peut avoir une colle noire dans les appartements, une étanchéité au goudron sur le toit et un revêtement noir dans les caves.
Les colles noires, le cas le plus fréquent
Dans les logements, ce sont les colles noires sous parquet qui posent le plus souvent question. Les parquets en lamelles ou en mosaïque ont été posés à la colle bitumineuse dans de nombreux immeubles de l’après-guerre. Lors d’un ponçage, d’un arrachage ou d’une pose de nouveau revêtement, la colle est mise à nu, parfois chauffée par les machines, et les poussières se répandent dans toute la pièce.
Ces colles se trouvent aussi bien dans les immeubles genevois des quartiers denses que dans les maisons et les immeubles vaudois des années d’expansion, sur la Côte comme dans la région lausannoise ou la Riviera. Le type de bâti compte plus que l’adresse : ce qui oriente, c’est l’époque de construction et les rénovations déjà faites.
Pourquoi faut-il s’en méfier ?
Un revêtement goudronné intact et resté en place est peu préoccupant. Le risque naît de l’intervention :
- ponçage ou arrachage : poussières fines chargées en HAP, inhalées par les ouvriers et déposées dans tout le logement ;
- découpe à chaud, chalumeau, décapeur thermique : émission de vapeurs ;
- démolition : gravats pollués qui contaminent un tas de matériaux sains s’ils sont mélangés ;
- évacuation sauvage : une benne ordinaire ne convient pas pour des déchets contenant du goudron.
Les occupants, en particulier les enfants et les personnes fragiles, sont les premiers exposés lorsque le logement reste habité pendant les travaux. Pour les artisans, le sujet touche à la protection des travailleurs. Un chantier qui découvre du goudron par surprise s’arrête, perd du temps et coûte plus cher qu’un chantier préparé.
Comment reconnaître un goudron suspect ?
Quelques indices aident à se poser la bonne question, sans jamais remplacer l’analyse :
- L’âge du bâtiment : construit ou rénové avant les années 1990, le doute est légitime.
- La couleur et la texture : noir profond, brillant, collant à chaud, cassant à froid.
- L’odeur : une odeur de bitume, de créosote ou de « vieux chantier », surtout par temps chaud.
- La position : sous un parquet collé, sous un sol souple, sous une chape, sur une toiture plate ancienne.
Si vous cochez deux ou trois de ces cases, considérez le matériau comme suspect. Ne grattez pas pour « voir ». Un petit prélèvement fait par un professionnel formé est la seule façon fiable d’en avoir le cœur net.
Que faire concrètement, étape par étape ?
1. Ne rien poncer, ne rien arracher
Si le revêtement est intact, laissez-le tel quel. Couvrez-le si besoin et évitez de faire circuler de la poussière. Ne passez pas l’aspirateur domestique sur des débris noirs.
2. Se renseigner sur l’historique du bâtiment
Date de construction, dates de rénovation, anciens plans, rapports déjà établis : ces éléments permettent de cibler les zones à risque. Une régie ou une PPE a souvent des archives qui évitent des recherches inutiles.
3. Faire réaliser un repérage
Le diagnostic suit une logique constante : étude des plans, visite, repérage visuel, prélèvements d’échantillons sur les matériaux suspects, puis analyses en laboratoire. Notre diagnostic HAP suit cette méthode, et nous intervenons aussi pour les propriétaires du canton de Genève avec notre page dédiée au diagnostic HAP à Genève. Nos diagnostiqueurs sont reconnus FACH et les échantillons partent dans un laboratoire accrédité SAS.
Dans la pratique, on ne cherche jamais les HAP seuls. Une colle noire peut aussi contenir de l’amiante, un joint voisin du PCB, une vieille peinture du plomb. C’est pourquoi un diagnostic des polluants avant travaux regroupe ces recherches en une seule visite.
4. Lire le rapport
Un bon rapport indique, pour chaque matériau, où il se trouve, de quoi il est fait, sa teneur en HAP, son état et ce qu’il convient de faire. Il distingue ce qui peut rester en place de ce qui doit être retiré ou traité avant les travaux.
5. Choisir la bonne méthode de chantier
Selon les résultats, plusieurs solutions existent :
- laisser en place et recouvrir (par exemple un nouveau sol posé sur un support scellé), si le matériau est stable et si le projet le permet ;
- retirer avec précautions : humidification, outils à faible production de poussière, zone isolée, protection des intervenants ;
- déposer par une entreprise spécialisée quand les teneurs ou la surface l’exigent.
6. Organiser l’élimination des déchets
Le maître d’ouvrage doit identifier les polluants avant les travaux et prévoir l’élimination des déchets qui en contiennent. Le goudron et les matériaux qui en sont imprégnés ne se mélangent pas aux gravats propres. Notre guide sur les déchets de chantier pollués détaille le tri et les filières.
Et en cas de démolition ?
Lorsqu’un bâtiment doit être démoli, les HAP se retrouvent dans les sols, les toitures, les enrobés et les couches de colle. Le repérage doit alors couvrir toute la structure, y compris ce qui est invisible depuis les pièces. Pour ce cas, regardez notre page sur le diagnostic des polluants avant démolition.
Autorisation de construire : que prévoit la démarche ?
À Genève comme dans le canton de Vaud, un repérage des polluants, l’amiante au minimum, est demandé avec la demande d’autorisation ou de permis pour des travaux sur un bâtiment construit avant 1991. Les HAP s’ajoutent à la recherche quand le bâti et le projet le justifient. Pour le détail des démarches, consultez nos guides sur les polluants et l’autorisation de construire à Genève et sur les polluants et le permis de construire dans le canton de Vaud.
Ce qui fait varier la durée et le coût d’un diagnostic
Plusieurs éléments jouent : la surface et le nombre de niveaux, l’accessibilité des sous-sols et des toitures, le nombre de matériaux différents à échantillonner, les polluants recherchés en parallèle et le calendrier du projet. C’est pourquoi nous établissons chaque offre sur la base de votre situation réelle plutôt que sur une grille standard.
Demander un devis gratuit
Vous avez une colle noire, une étanchéité ou un revêtement qui vous inquiète ? Décrivez-nous votre bâtiment et votre projet via le formulaire de demande de devis. Le devis est gratuit et vous le recevez sous 24h ; si votre chantier est pressé, nous pouvons intervenir sous 48h. Indiquez l’année de construction, le type de revêtement et la date de vos travaux : cela nous permet de vous répondre avec précision dès le premier échange.