Le radon ne se voit pas, ne se sent pas et n’a aucun goût. Pourtant, c’est un sujet que le droit suisse encadre de façon précise depuis quelques années. Ce guide explique, sans jargon, ce que prévoit la réglementation, qui est concerné et quelles étapes suivre, avec des repères pour Genève et Vaud.
Le radon en deux minutes
Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle. Il provient de la désintégration de l’uranium présent dans certaines roches et dans le sol. À l’extérieur, il se dilue sans problème. À l’intérieur d’un bâtiment, il peut s’infiltrer par les fissures de la dalle, les passages de canalisations, les joints de sol ou les caves en terre battue, puis s’accumuler dans les locaux mal ventilés.
Respiré pendant des années, il augmente le risque de cancer du poumon. Il s’agit de la deuxième cause de ce cancer après le tabac. Le danger tient donc à la durée d’exposition : ce qui compte, c’est l’air que vous respirez chez vous, jour après jour.
Ce que dit l’ordonnance sur la radioprotection
Le cadre de référence est l’ordonnance sur la radioprotection, l’ORaP, révisée en 2018. Retenez quatre idées.
Une valeur de référence de 300 Bq/m³
Le becquerel par mètre cube (Bq/m³) mesure la quantité de radon dans l’air. L’ORaP fixe une valeur de référence de 300 Bq/m³, en moyenne annuelle, pour les locaux où des personnes séjournent régulièrement : séjour, chambres, bureaux, salles de classe, cabinets.
Cette valeur n’est pas une limite au-dessus de laquelle votre santé bascule du jour au lendemain. C’est un repère de prévention : en dessous, on considère la situation acceptable ; au-dessus, il faut chercher à réduire.
Une responsabilité partagée
La Confédération fixe le cadre, les cantons le font appliquer. Concrètement, les autorités cantonales veillent à ce que les valeurs soient respectées et peuvent demander des vérifications dans certains cas, par exemple pour des écoles, des crèches ou des bâtiments situés dans des zones connues pour être davantage exposées.
Le propriétaire reste, dans la pratique, la personne qui fait réaliser la mesure et, si nécessaire, les travaux d’assainissement. En location, la question se règle entre bailleur et locataire selon les règles habituelles du bail. Pour savoir qui supporte quoi, consultez aussi notre guide sur qui paie le diagnostic polluants.
La prévention dans les constructions neuves et les transformations
Le droit suisse part du principe qu’il vaut mieux empêcher le radon d’entrer que le chasser ensuite. Lors d’une construction neuve ou d’une transformation importante, des mesures de protection doivent être prévues dès la conception : étanchéité du contact avec le sol, gestion des passages de conduites, ventilation adaptée. Un architecte informé de ce point évite des reprises coûteuses plus tard.
Les lieux de travail
Les employeurs sont aussi concernés lorsque leurs collaborateurs travaillent dans des locaux où le radon peut s’accumuler, notamment en sous-sol. Des règles particulières existent pour certaines activités, par exemple dans des ouvrages souterrains.
Genève et Vaud : où en est-on ?
L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) publie une carte du radon qui indique la probabilité de dépassement de la valeur de référence selon les régions. Elle donne une tendance, jamais un résultat pour une maison précise.
- Canton de Vaud : le Jura vaudois et les Alpes vaudoises sont davantage exposés, en raison de la géologie. Le bord du lac et la plaine sont généralement moins concernés, mais rien ne remplace une mesure. Notre page diagnostic radon dans le canton de Vaud détaille ces particularités.
- Canton de Genève : le risque moyen est plus faible, mais des bâtiments avec cave ancienne, sous-sol aménagé ou rez-de-chaussée peu ventilé peuvent tout de même présenter des valeurs à surveiller.
Dans les deux cantons, les anciens bâtiments rénovés pour être plus étanches à l’air méritent une attention particulière : en supprimant les courants d’air, on réduit aussi le renouvellement naturel de l’air, et le radon peut s’accumuler davantage qu’avant.
Qui devrait faire mesurer, concrètement ?
Même quand aucune obligation directe ne vous vise, une mesure est recommandée dans plusieurs situations :
- Vous habitez ou louez un logement en rez-de-chaussée ou avec des pièces en sous-sol. Ce sont les niveaux les plus proches du sol.
- Vous venez d’isoler ou de remplacer les fenêtres. L’enveloppe est devenue plus étanche.
- Vous achetez un bien ancien. La mesure fait partie des vérifications utiles avant de signer, au même titre que celles des autres polluants : voyez notre guide sur l’achat d’un bien ancien.
- Vous gérez une PPE ou un parc de logements. Les caves, buanderies et locaux communs utilisés régulièrement sont à considérer.
- Vous accueillez du public ou des enfants : cabinet, crèche, local associatif.
- Vous préparez des travaux. Autant intégrer la question du radon à la conception plutôt que de découvrir le problème après coup.
Les étapes pour être en règle et en sécurité
1. Faire mesurer correctement
La méthode de référence utilise des dosimètres passifs, de petits boîtiers sans électricité, posés dans les pièces où l’on séjourne le plus. La mesure dure au moins 90 jours et doit se faire pendant la période de chauffage, quand les fenêtres restent fermées et que l’air du sol est davantage aspiré vers l’intérieur.
Un test de quelques heures acheté en magasin ne remplace pas cette démarche. Pour comprendre la méthode pas à pas, lisez notre guide mesurer le radon chez soi ou découvrez notre diagnostic radon.
2. Lire le résultat
Une fois les dosimètres retournés au laboratoire, vous recevez une valeur par pièce. Trois cas se présentent :
| Résultat | Ce que cela signifie | Suite à donner |
|---|---|---|
| Nettement sous la valeur de référence | Situation satisfaisante | Conserver le rapport, refaire une mesure après de gros travaux |
| Proche de la valeur de référence | Situation à surveiller | Améliorer l’aération, contrôler à nouveau plus tard |
| Au-dessus de la valeur de référence | Assainissement à prévoir | Rechercher les voies d’entrée, choisir des mesures adaptées |
3. Assainir si nécessaire
Les solutions dépendent du bâtiment. On commence souvent par les gestes simples : colmater les fissures et les passages de tuyaux, améliorer la ventilation du sous-sol, rendre étanche la porte entre la cave et les étages. Si cela ne suffit pas, on peut mettre en place une ventilation mécanique ou une aspiration sous la dalle. Dans tous les cas, une mesure de contrôle vérifie que le résultat est atteint.
4. Conserver une trace
Gardez le rapport de mesure et, le cas échéant, celui des travaux. En cas de vente, de changement de gérance ou de transformation, ces documents évitent de tout recommencer et rassurent les acquéreurs.
Radon et projets de construction
Quand un projet de rénovation ou de construction est déposé, le radon s’ajoute aux autres polluants du bâtiment à considérer. Pour connaître ce qui fait partie du dossier dans votre canton, consultez nos guides sur les polluants et l’autorisation de construire à Genève et sur les polluants et le permis de construire dans le canton de Vaud.
Si votre bâtiment est ancien, le radon n’est généralement pas le seul sujet : amiante, plomb, PCB ou HAP peuvent aussi être présents selon l’époque de construction. Un diagnostic polluants avant travaux permet de traiter l’ensemble en une seule démarche.
Ce que nous faisons pour vous
Nous intervenons dans les cantons de Genève et de Vaud. Pour le radon, nous posons les dosimètres au bon endroit, vous expliquons le résultat dans un rapport clair et, s’il y a dépassement, vous indiquons les pistes d’assainissement les plus adaptées à votre bâtiment. Les mesures sont lues par un laboratoire accrédité SAS.
Demandez votre devis gratuit
Vous hésitez sur la nécessité d’une mesure, ou vous préparez une vente, des travaux ou une gestion d’immeuble ? Décrivez-nous votre bâtiment via le formulaire de la page demande de devis. Le devis est gratuit et vous le recevez sous 24h. Le coût d’une mesure dépend surtout du nombre de pièces à contrôler et du type de bâtiment, ce que nous précisons dans le devis.